UN droit à la formation attaché à la personne (Pierre COURBEBAISSE, vice-président FFP)
Posté par Christine GIRSZYN le 1 juillet 2008
Pierre Courbebaisse, vice-président de la Fédération de la formation professionnelle a jugé dans un entretien accordé au Point que « le seul moyen pour l’Etat de changer le système en profondeur serait de créer un droit à la formation, attaché à l’individu. »
« La première loi (Delors, 1971) ciblait essentiellement les salariés, constate-t-il. Après les chocs pétroliers, les pouvoirs publics ont privilégié le traitement social du chômage. Les deux systèmes, formation professionnelle et chômage, ont été bâtis parallèlement. Si bien qu’il n’y a aucune continuité aujourd’hui entre les statuts de salarié et de chômeur. De même, une femme qui arrête de travailler pour élever ses enfants ne bénéficie d’aucune formation lorsqu’elle souhaite reprendre une activité ».
Le dirigeant de la FFP a ensuite estimé que « ce sera une réforme difficile. Depuis les lois de décentralisation, les compétences sont éclatées : les régions prennent en charge les demandeurs d’emploi, notamment les jeunes, les départements s’occupent des RMistes, les partenaires sociaux gèrent les salariés et chômeurs indemnisés… Aucune instance ne veut voir ses prérogatives remises en question. Le seul moyen pour l’État de changer le système en profondeur serait de créer un droit à la formation, attaché à l’individu ».
Concrètement, « chaque salarié se verrait attribuer un compte formation, alimenté notamment par le droit individuel à la formation (DIF), les congés non pris ou l’abondement des pouvoirs publics pour les plus fragiles. Il y puiserait en fonction de ses besoins. Géré par les banques ou les compagnies d’assurances, le compte pourrait être accompagné d’un chèque formation et d’une déduction fiscale. Les salariés seraient ainsi armés pour faire face aux ruptures professionnelles et on voit mal comment les partenaires sociaux pourraient s’y opposer ».
