Chaque neurone aurait un rôle plus important dans l’apprentissage
Posté par Jean-Luc LEFEVRE le 27 décembre 2007
Chaque neurone a un rôle plus important qu'on ne le
croyait, selon des études améliorant la compréhension
des interactions entre cellules du cerveau et
décrivant l'influence d'un seul neurone sur la
perception, que publie la revue scientifique
britannique /Nature /datée de jeudi.
Chaque neurone, tel un arbre aux multiples racines
recherchant le contact avec ses voisins, établit des
connexions appelées synapses, où des messagers
chimiques (neurotransmetteurs) assurent la
communication avec les neurones voisins.
Au niveau de chaque synapse, l'information ou l'ordre
est ainsi transmis entre neurone «présynaptique» et
neurone «post-synaptique». Lors d'un processus
d'apprentissage, certaines synapses sont renforcées et
des connexions privilégiées.
Les travaux de Christopher Harvey et Karel Svoboda
(Howard Hughes Medical Institute, Ashburn, États-Unis)
montrent que les effets d'un neurone individuel sur la
plasticité cérébrale, c'est-à-dire la capacité du
cerveau à apprendre et à s'adapter en modifiant les
connexions en place, sont plus importants qu'il avait
été jusque là démontré.
Au delà du «dialogue» direct entre neurone
«présynaptique» et neurone «post-synaptique», la
«conversation» s'étend à d'autres cellules nerveuses
voisines, comme l'avaient laissé supposer des
modélisations informatiques.
L'étude chez la souris de neurones de l'hippocampe,
région du cerveau intervenant dans la mémoire, montre
que la plasticité d'une synapse «peut être influencée
par des événements à des synapses voisines», relèvent
les chercheurs.
Ces interactions locales entre synapses, dont les
effets s'étendent à une distance de 10 microns
(0,01mm) et se poursuivent jusqu'à dix minutes,
peuvent renforcer ou faciliter des connexions entre
neurones proches.
La découverte de cette forme de coopération entre
synapses proches «ouvre plusieurs pistes de
recherche», souligne dans un commentaire Barnado
Sabatini (Havard Medical School, Boston, États-Unis),
notamment pour comprendre les mécanismes cellulaires à
l'oeuvre.
Dans une autre étude, Michael Brecht (Université
Humboldt, Berlin) et son collègue Arthur Houweling
montrent comment ils ont réussi à modifier chez le rat
la réaction au toucher en stimulant électriquement un
seul neurone du cortex.
